LE TÉMOIGNAGE D'ANNE

Ancienne infirmière, Anne s’est reconvertie au sevrage du tabac et du sucre

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Comment vas-tu ?

Je vais très bien, plein de choses en tête, plein de projets, plein d’envie aussi, suite à la formation donc c’est positif.

Qui est Anne ?

Alors donc je suis Anne, j’ai 43 ans, je suis mariée, j’ai 4 enfants. J’ai exercé comme infirmière pendant 22 ans. Ces dernières années, j’ai terminé là par 8 années en libéral dans un cabinet avec 5 associés.

 

Bah la vie fait que j’avais envie de me tourner vers autre chose. Tu trouvais un autre rythme. Il y avait surtout la notion de prendre le temps en fait avec les patients, ce qui me manquait beaucoup. C’est une dimension qui me manquait beaucoup.

 

Et donc j’ai cherché à réorienter ma profession et quand je suis tombée sur la formation que tu proposais, ça correspondait vraiment à plein d’aspects de ce que je recherchais. À savoir déjà un intérêt pour la personne. Aider l’autre à retrouver un niveau de santé meilleur aussi.
Moi, j’ai été tellement marquée aussi dans ma profession. J’ai accompagné beaucoup de gens en fin de vie qui avaient des maladies qui étaient dues aux conséquences du tabac, aux conséquences du diabète.
Et finalement, je me suis dit mais peut être qu’ au lieu de les accompagner à mourir je peux peut être faire quelque chose en amont et éviter justement qu’ils en arrivent à des maladies, à des pathologies qui font qu’ ils vont en mourir.
Et finalement, pour moi, ça donne vraiment du sens à ça et je me suis dit, mais oui, mais c’est ça, c’est ça qu’il faut que je fasse, c’est faire en sorte que le moins de gens qui arrivent à ces conditions dramatiques.
Parce que j’ai vécu des situations dramatiques en voyant ces gens mourir dans des souffrances terribles. Et je me suis dit, maintenant si je peux, ne serait-ce qu’ éviter à une ou 2 personnes dans ma vie d’en arriver à ça, et bien oui, ça donne du sens quoi.
Donc j’ai commencé la formation que j’ai dévoré assez rapidement, parce que je trouvais ça super intéressant.
Je découvrais aussi quand même pas mal de choses, même s’il y avait des choses que je connaissais de par ma profession.
Après, j’ai monté ma micro-entreprise, je me suis installé comme thérapeute, en gardant mon titre d’infirmière et en continuant à exercer dans le cabinet libéral en tant que thérapeute. Mais les gens sont assez rassurés de venir dans un un cabinet infirmier au final.
Donc voilà, j’en suis là aujourd’hui. Alors l’activité démarre doucement. Mais voilà, je suis vraiment contente.

As-tu fait des séances ?

Alors pour l’instant, j’ai que des demandes pour les sevrages tabagiques, pas encore pour le pour le sucre. Après c’est vrai que j’ai peut être un peu plus communiquer sur le tabac.
C’est ce qui, pour l’instant, en tout cas moi dans mon réseau, résonne le plus. C’est vraiment le sevrage tabagique.
Donc j’ai fait 4 suivis pour des sevrages tabagiques. Alors je me suis senti assez à l’aise, je me suis sentie maîtriser le sujet, je me suis sentie à même de rassurer les gens aussi. Je n’ai pas rencontré de difficulté particulière.
Après je suis sûr qu’on se sent plus à l’aise au fur et à mesure des séances. J’ai trouvé que ce que j’apportais était bien reçu et en fait, j’étais surprise de voir que les gens s’accrochent en fait à ça, que c’est hyper important pour eux de se dire “Ok, j’enlève la cigarette. il y a quelque chose qui va m’aider extérieur à moi même en fait “.
Et puis tout ce qui tourne autour des machines mentales, je crois que c’est assez bien compris aussi et que c’est super aidant pour les gens. Alors après moi j’ai ressenti le besoin de faire un suivi après la séance. Donc je contacte les personnes que je suis.
Après, c’est assez en fonction de la personne aussi parce qu’il y a des gens, je sens qu’ils ont pas du tout spécialement envie que je les appelle tous les 2 jours ou pas. Il y en a les 2 premières semaines, il faut que j’appelle tous les 2 jours parce que pour eux c’est vraiment une motivation.
C’est vraiment un truc qui leur fait du bien puis après j’espace. Pour l’instant, j’ai de très bons résultats. J’ai 3 sevrages là. Le premier sevrage ça fait maintenant 2 mois et demi. C’était une fumeuse, ça fait plus de 30 ans qu’elle fumait.
Un autre, ça fait 40 ans qu’il n’avait jamais arrêté de fumer et pareil ça fait un mois et demi et ça se passe bien. Il est serein.
Une autre dame, mais qui avait un problème d’alcoolisme associé. Voilà dès le début je lui ai dit que c’était une autre problématique, que je pensais qu’il fallait vraiment un suivi médical. Ce qu’elle a déjà fait dans le passé.
Mais pour l’instant, pour elle y’a rien qui fonctionne donc je suis toujours en lien avec elle. Après c’est plus compliqué pour elle mais malgré tout, il y a une réduction de sa consommation. Il y a des choses qui se sont améliorées dans sa vie.
Et la 4e et bien c’est mon fils. Mon fils de 20 ans qui a été vraiment bluffé qu’il se soit arrêté de fumer sans vraiment avoir complètement la démarche en tête et il a complètement arrêté. Donc il a dit, maman, ton truc, c’est incroyable.

Et des séances en visioconsultation ?

C’est vrai que jusqu’à présent en fait ce qui me freinait, c’était que je n’envisageais pas de faire d’entretien par zoom à distance. J’étais pas à l’aise avec ça.
Mais en fait, maintenant, d’avoir fait des séances en présentiel avec les gens, ça m’a mis en confiance et je crois que c’était plus une question de confiance.
J’avais moins cette confiance là. Et maintenant que j’ai passé ce cap, même si c’est pas énorme, mais malgré tout, je me sens prête aujourd’hui.
Donc c’est vrai que je vois les choses différemment aujourd’hui et je sens bien aussi qu’il faut que j’élargisse mon champ d’action et les personnes que je peux atteindre de manière plus large.
Donc effectivement, en plus moi je suis dans un petit village, je suis à une demi-heure de Montélimar donc ce n’est pas forcément l’idéal. Donc je suis consciente maintenant qu’il faut que je passe à ça et maintenant oui, je suis ok quoi.

Et des séances à domicile ?

Mais le domicile, c’est pas bête. C’est vrai que c’est pas mal et j’y pensais, surtout par rapport à l’ addiction au sucre ajouté. Parce que je pense que d’aller chez les gens et de voir avec eux de quoi est rempli le placard, je pense que ça peut être super intéressant.

Qu’est ce que la formation a changé dans ta vie ?

Je suis tellement heureuse d’avoir aujourd’hui des outils entre mes mains pour accompagner des gens, pour qu’ils s’évitent d’aller vers des pathologies. Et ça, c’est vrai que ça donne un sens aussi à ce que je fais.
Alors j’ai toujours été dans le soin, dans le prendre soin, mais là voilà, j’ai plus l’impression d’être en amont et ça c’est super.
Et puis après sur le plan personnel, l’idée d’aller vers une activité où je décide moi-même de mes horaires, où j’ai une flexibilité, c’est à dire que si j’ai quelqu’un qui dit moi je peux faire un entretien que le soir parce que je rentre du boulot à 20h, il y a cette possibilité là.
Une grande flexibilité sans être emprisonnée dans quelque chose, ça je trouve que c’est un grand confort.

Et notre rôle propre d’infirmière ?

3 sur 4 c’est déjà 75% même si c’est un petit nombre. Qu’est ce que ça représente en fait en termes de survie quoi ? Même si on en sortait qu’une, quelle est la valeur d’une vie ?
J’aime beaucoup cet esprit d’infirmière aussi puisque je suis infirmière. Notre rôle propre, c’est aussi de la prévention. C’est d’empêcher les gens de se détruire. T’es exactement dans ton rôle d’infirmière et un des plus beaux. Avant de soigner, évitons que les gens tombent malades. Tout simplement.